Avant 2002

L’harmonie muninicipale de la ville de Mâcon et la famille Delbecq

par Jean Paul NOLY



AVANT-PROPOS


Jean Paul Noly est un passionné d’histoire : passionné d’histoire locale, passionné d’opiniâtres recherches dans le terreau mâconnais. Que ne lui doit-on pas déjà : Victor Burtin et la renommée de l’Hôtel de l’Europe ; les pompiers mâconnais depuis 1655 ; construction de notre hôtel des Postes ; l’immeuble «Janicaud», une des premières maisons en ciment armé en France (1879).
Mais Jean Paul Noly est également un passionné de cette musique populaire qui nous est délivrée par nos sociétés locales de musiciens amateurs ; «La Musique» comme on disait familièrement alors. On peut dire qu’il n’a manqué pratiquement aucun des concerts de l’Harmonie Municipale de Mâcon depuis 1945.
C’est donc tout naturellement que lui est venue l’idée… l’envie ! de rechercher avec plus de précision les origines de cette société mâconnaise : archives de la Ville et de l’Harmonie, presse de l’époque, comptabilité municipale, tout a été épluché avec la tenace méticulosité qu’on lui connaît.
Il a choisi comme fil conducteur de considérer comme «prémices» de notre Harmonie municipale, toute formation ou chef ayant été rétribués, d’une façon ou d’une autre, par la municipalité de l’époque. Il s’est attaché d’autre part à retracer la participation de la famille Delbecq qui a donné à cette Harmonie deux chefs successifs (1920-1970) et plusieurs musiciens solistes.
Ceux qui s’intéressent à l’Harmonie de Mâcon trouveront là nombre de détails curieux, instructifs ou savoureux.

La vie passée et à venir de cette société, si partie prenante de notre vie municipale, et, si attachée à notre famille, nous tient suffisamment à cœur pour que nous soyons, mon épouse et moi, particulièrement reconnaissants à Jean Paul Noly pour le travail remarquable qu’il nous présente ici.

André Delbecq


PRÉAMBULE
L’origine des sociétés instrumentales populaires est martiale. Dès 1764 les Gardes Françaises se déplacent avec un orchestre régimentaire qui compte, à côté des traditionnels tambours et fifres, des clarinettes, flûtes, cors, trompettes, bassons, grosses caisses, cymbales et serpents.
A la fin du XVIIIème siècle, il existe dans notre cité un petit groupe dénommé «La Musique» qui est sponsorisé, si l’on peut dire, par Chesnard de Montrouge issu d’une vieille famille de magistrats mâconnais. C’est cet ensemble qui peut être considéré comme l’origine lointaine de l’Harmonie Municipale de la Ville de Mâcon. Pendant 47 ans, entre 1920 et 1970, cette société est dirigée par deux hommes- : Alfred et Laurent Delbecq, qui, en qualité de chefs et de compositeurs, influencent la vie musicale de nos harmonies et fanfares.


DE «LA MUSIQUE» A L’HARMONIE MUNICIPALE DE LA VILLE DE MACON

Pour Jean-Jacques Rousseau, la musique est «l’art de combiner les sons d’une manière agréable à l’oreille». Cependant l’objectif de nos souverains est différent : leur entrée dans les villes doit «faire du bruit». Pour cela rien de tel que des joueurs de tambours, de trompettes et de fifres. A Mâcon, lors des visites royales, pour augmenter les décibels, les musiciens sont juchés au sommet des portes de la Ville. Pour rythmer les cortèges, on sollicite les cloches qui sont fort nombreuses, parmi elles : Dame Barbe et ses cinq mètres de circonférence, il s’agit du bourdon de la cathédrale Saint-Vincent. Ce carillon constitue «une des plus belles sonneries de France».
A la Révolution : «Point de République sans fêtes nationales, pas de fêtes nationales sans musique, il faut une musique, ne serait-ce que pour les effets qu’elle produit sur les esprits». Tels sont les ordres transmis par Bernard Sarette, musicien de la Garde Nationale de la Capitale, qui vient de créer l’Institut National de Musique, notre actuel Conservatoire de Paris. Gossec, Méhul, Chérubini, Lesueur, Kreutzer seront les compositeurs de la plupart des musiques révolutionnaires et les professeurs du nouvel institut.
A Mâcon, en 1793, le 14 Juillet doit être commémoré avec éclat, on a les musiciens mais il manque les instruments. Chesnard est incarcéré à Autun, donc plus de mécène. La formation s’adresse à la Municipalité ; comment réagit le Conseil ? il conseille… : «Les musiciens amateurs devront se concerter avec les comédiens amateurs pour monter un spectacle et (afin de) acquérir des instruments». La soirée a dû être bénéfique puisque le jour «J», à 19 heures, les autorités sont précédées d’une musique guerrière renforcée par des salves d’artillerie… Ce groupe prend le nom de «Musique des décades» et le citoyen Hubch en prend la direction. Le 16 mars 1794 la Ville lui accorde une rémunération de 800 livres par an.
Le 2 août 1812 un inventaire des instruments appartenant à la Ville est dressé ; en voici la liste : «une grosse caisse, une petite caisse, un serpent avec son bocal et son embouchure, un parasol chinois surmonté d’un second et d’un aigle, une contrebasse avec son archet, une paire de timbales avec clefs et baguettes, quatre grands pupitres en bois de sapin avec leurs bougeoirs». Un règlement stipule que le tout sera déposé à la bibliothèque de l’Hôtel de Ville : « Les instruments seront à la disposition de messieurs les artistes amateurs de la Ville toutes les fois qu’ils seront nécessaires pour célébrer et contribuer à l’embellissement des fêtes publiques, bals et redoutes, soit enfin pour eux mêmes pour études, répétitions et autres cas imprévus».


Le 11 mai 1815 la formation est embrigadée dans la Garde nationale, Rey de Morande en assure la direction. Pas pour longtemps, car vouloir entretenir une musique martiale et enrégimenter de paisibles citoyens, les faire marcher à l’oeil et à la baguette n’est pas une petite affaire… La municipalité charge donc Berthet de reprendre la direction, il conserve cette fonction jusqu’en 1834. Bengraff lui succède, c’est un corniste de la formation. En 1848 quarante-six musiciens sont inscrits et Vassalo, ancien première clarinette solo du 20ème de ligne, prend la baguette. Le nombre de quarante-six membres ne doit pas faire illusion, il est hypothétique de pouvoir rassembler plus de cinq musiciens…
En 1846 un professeur de musique, Dejean-Servières, fonde la Fanfare des Sapeurs-pompiers, en 1860 elle est forte de vingt-cinq exécutants et se classe en deuxième division. Elle devient la Fanfare de la Ville de Mâcon et des Sapeurs-pompiers pour prendre très rapidement l’appellation de Fanfare de la Ville de Mâcon.
Après la Guerre de 1870-1871 cette fanfare devient une section de la Société Philharmonique. L’adhésion d’un certain nombre de clarinettistes permet la transformation en société d’harmonie. En 1876 la musique est dotée d’une bannière de velours cramoisi. Celle-ci sera utilisée jusqu’en 1946 et se trouve actuellement sous vitrine dans les locaux de l’Harmonie Municipale. Enfin en 1877 la formation quitte la Société Philharmonique et devient le 11 février 1878 Société de l’Harmonie de Mâcons.

1 – Voir «L’Harmonie Municipale de la Ville de Mâcon et ses chefs». AAM 2001.



QUELQUES EVENEMENTS
FRANZ LIZST A MACON
OU IL EST QUESTION D’HARMONIE.
Le 24 mai 1845, Franz Liszt, invité de Lamartine, est en concert à Mâcon. Le soir; «L’Harmonie, sous la direction de Bengraff, donne une aubade sous les fenêtres du poète et les croisées du compositeur». Le docteur Ordinaire, tout dévoué à Lamartine et «rédacteur-propriétaire» du journal «La Mouche de Saône-et-Loire et de l Ain» ne tarit pas d’éloges, il écrit que Liszt est le «roi du piano». Léonce Lenormand, qui dirige le «Journal de Saône-et-Loire», n’est pas tout à fait du même avis : «La musique de Monsieur Liszt est mal composée, nous devons le dire. D’abord il abuse outre mesure d’un genre de variations qui consiste à maintenir le chant dans le médium du clavier en le faisant en quelque sortes de raccroc, avec les pouces, tandis que les mains vont alternativement papillonner dans les notes basses ou aiguës. Cela plaît la première fois et ennuie la troisième. Il s’en faut de beaucoup que son harmonie soit irréprochable… Son harmonie d’accompagnement est pauvre et manque d’originalité. Sa mélodie, rare d’ailleurs, est mal rythmée».
Il semble que c’est la première fois que le terme d’Harmonie soit employé pour qualifier une musique
de notre cité.


18 JUILLET 1847
LE BANQUET DES GIRONDINS.
«Plusieurs centaines de convives étaient assemblés dans la propriété de Chalandon-Terras, quai des Marans. 500 tables s’irradiaient en 35 rayons comme les branches d’un éventail… Autour, dans les galeries, autant de femmes pour regarder et écouter, c’était sublime… Ce fut une des dernières exhibitions des costumes de la Bresse et du Mâconnais. Le pêle-mêle était confus et joyeux. Des pâtés monstrueux étaient disposés sur les tables, les bouchons sautaient et les bouteilles répandaient un flot de pourpre. L’Harmonie (30 musiciens) exécute plusieurs morceaux; quatre marmitons apportent majestueusement vers la table d’honneur un veau rôti tout entier Quatre heures sonnent à la tour du vieux Saint-Vincent. Lamartine paraît avec son escorte, il est en habit noir et très pâle. u Vive l’auteur des Girondins ! Vive Lamartine !… u. Le ciel se couvre de nuages, le tonnerre gronde, la tempête éclate, le vent redouble de force, la
musique joue «La Marseillaise» , deux mille voix accompagnent ce chant u. Henri de
Lacretelle.
21 JUILLET 1861
CONCOURS D ‘ORPHÉONS, DE MUSIQUES D HARMONIE ET DE FANFARES.
C’est la Société Chorale qui organise, à Mâcon, le premier concours de musique. 90 formations répondent à l’appel de notre cité, parmi elles la Fanfare de Lyon (70 exécutants), la Société d’harmonie du Creusot (45 membres), la Fanfare de Dijon (38 membres). Pour notre Cité : les fanfares des pensionnats Maréchal (14 membres) Martin (12 membres), la Fanfare du Lycée (22 membres), et l’Orphéon de l’Institution de Chailly-Guéret (28 membres). Le président de la commission d’organisation et de la Société Chorale est Charles Pellorce, président de l Académie de Mâcon ; il sera maire de 1874 à 1876. La Fanfare de la Ville de Mâcon et des Sapeurs Pompiers offre une aubade en gare lors de l’arrivée des hôtes du concours et donne un bal à VA lacera (rue Rambuteau). Voici le programme de cette journée

o- à 10 heures et demie : réunion, au Cours l’Évêque (cours Moreau), de toutes les Sociétés, avec leurs insignes et leurs bannières, pour se former en cortège.

– à 11 heures très précises, départ du cortège. Il passera par la place Gardon, la rue de Saône (rue du 28 juin), les quais, les rues Joséphine (rue Gambetta) , Saint-Brice (rue Victor Hugo), de la Barre, Lamartine et place d Armes (square de la Paix), où les Sociétés seront passées en revue par les autorités et les membres du Jura
– à midi commenceront les concours.

– à 18 heures, place d’Armes : distribution solennelle des prix présidée par le Préfet.

– à 20 heures, concert public sur la promenade de l’Hôtel de Ville, illuminations, bals publics.

– à 21 heures, feu d’artifice sur la Saône.

– Le matin, le départ du cortège, la distribution des prix sont annoncés par la détonation des boîtes.»

La manifestation de 1861 apporte un nouvel essor à la musique populaire à Mâcon.



Il FE PRIER 1878
SOCIETE DE L’HARMONIE DE MACON

Par arrêté préfectoral du Il février 1878 la formation devient «Société de l’Harmonie de Mâcon», elle compte 42 exécutants et 83 membres honoraires. Le bureau est constitué comme suit : président François Martin, vice-président Jean Baptiste Ferret, directeur Leconge, sous-directeur Piat, trésorier Fromentin, secrétaire Devilleneuve.
«Les membres participent à des assemblées, possèdent un local où ils répètent et rangent les partitions et les médailles reçues lors de déplacements. Les membres honoraires servent de guides et de caution auprès des autorités ; ce sont des notables qui contribuent à l’équilibre du budget de la Société donc à son indépendance. L’Harmonie offre chaque année un spectacle de qualité, c’est l’occasion de faire venir des artistes dotés d’une excellente réputation. Un bal annuel est organisé ainsi qu’un banquet pour la Sainte-Cécile. Le président est élu parmi les membres honoraires.
Le directeur est chargé de l’exécution musicale, il choisit les morceaux et les arrange lorsqu’il y a lieu. Il doit faire prospérer la société. Bien entendu il dirige les répétitions, donne des cours de solfège, guide les élèves instrumentistes, est présent aux séances du Conseil d Administration et donne toujours un avis motivé. Cela occupe toutes ses soirées de la semaine.
Les instrumentistes doivent être disciplinés, attentionnés et présents aux répétitions. Ce n’est pas toujours le cas, cependant les sanctions sont rares».
La Société participe à toutes les manifestations officielles. Les 16, 17 et 18 août on inaugure la statue de Lamartine. Georges Lecomte écrit dans «Ma Traversée» : «C’est la première fois qu’on entendit jouer publiquement La Marseillaise depuis 1848», elle est interprétée par L’Harmonie.

LE CONCOURS DE MUSIQUE DE 1881.

Mâcon organise les 15 et 16 août 1881 un grand concours auquel 70 sociétés prennent part, notamment des ensembles de Belgique, de Suisse, d’Italie et d’Algérie. Des arcs de triomphe se dressent dans les rues ; place Gérard Genevès on en remarque un composé de 52 tonneaux. Des fêtes vénitiennes sont au programme.

1883
UN UNIFORME ENFIN!
En 1883 l’adoption d’un uniforme est d’actualité, c’est important car celui-ci permet à tous les instrumentistes de se déplacer sans que transparaisse leur milieu social. Deux concerts payants sont donnés afin de pourvoir à une partie de la dépense ; le solde sera couvert par les instrumentistes. A cette époque, tous les membres acquittent une cotisation, ils règlent leurs frais de transport lors de participation à un concours et, en cas d’indiscipline, des amendes sont prévues par le règlement. Donc première sortie en uniforme le 14 juillet : costume gris, deux lyres argentées sur les revers du col, boutons de métal blanc, giberne noire en cuir verni avec une lyre en métal blanc, le président porte sur les manches deux galons or, le
vice-président deux galons argent, le chef un galon or et le sous-chef un galon argent.


14 JUILLET 1891
UNE FETE NATIONALE MO MOUVEMENTÉE
Lors de la Fête Nationale de 1891, l’Harmonie est victime de … celle qui ne règne pas
entre les autorités : le lundi soir 13 juillet, au milieu de la retraite aux flambeaux, l’Harmonie
fait volte-face et rentre silencieusement à l’Hôtel de Ville. Pourquoi ? Parce que le nouveau
chef de musique du 134ème R.I donne uniquement des pas redoublés inconnus de l Harmonie
afin de l’empêcher de se faire entendre. A la dislocation, point de Marseillaise comme à l’accoutumée, la population gronde… Mardi 14, revue square de la Paix, du régiment de la gendarmerie et des pompiers ; contrairement à ce qui se faisait les années précédentes les pompiers et l’Harmonie, sur l’ordre du maire, ne vont pas à l’Hôtel de Préfecture chercher le préfet
et lui faire escorte jusqu’à la place d’Armes (Square de la Paix). Scandale ! évidemment, sur
la place, pas d’emplacement officiel prévu pour les édiles municipaux… Le soir, concert de la
musique militaire, les hommes sont installés sur le kiosque, toujours pas de Marseillaise au
programme. Le chef Magnan arrive et reçoit une formidable bordée de coups de sifflets, un
tapage étourdissant règne. Aussi le chef fait rentrer ses musiciens à la caserne. Adieu au concert, on passe directement au feu d’artifice. Dans un rapport, le président de l’Harmonie et
son directeur se défendent d’être pour quoi que ce soit dans cette manifestation. Pour une belle
fête ce fut une belle fête ! Enfin le 28 juillet concert de l’Harmonie avec au programme : «La
Marseillaise» et… «La Valse des Officiers» (Magnan vient d’être muté à Lorient !). En outre
une aubade est donnée sous les fenêtres du Colonel dont les oreilles furent charmées par l’exécution de «L’Alsace et la Lorraine».




1901: L’ANNEE DU CONCOURS DEVIENT CELLE DE LA REVUE
Depuis 1898, l’intention d’organiser un concours de musique était dans l’air, mais les fonds manquaient et la Municipalité à la suite de péripéties financières ne pouvait accorder les 20 000 francs nécessaires. En 1901 la situation financière est plus satisfaisante, c’est l’an 1 du 20ème siècle et l’année anniversaire des précédents concours qui eurent lieu en 1861 et 1881. L’Harmonie et l’Union Chorale estiment que le 15 août est la seule date possible, celui-ci tombe un jeudi donc pas question d’organiser un concours sur une seule journée. Ce n’est pas du goût de la Saint-Hubert… Le concours est annulé. Les commerçants protestent et un communiqué de presse nous apprend que ceux-ci sont surpris d’apprendre, par la voie des journaux, que les sociétés ne s’entendent pas et qu’elles ont remis aux calendes grecques la date de ces fêtes. C’est, en effet, un grand préjudice pour le commerce… Les commerçants attendront 1924 pour qu’un concours international se déroule à Mâcon.
L’Harmonie ne reste cependant pas inactive et à défaut de concours joue la comédie au théâtre. Fin avril elle donne plusieurs représentations d’une revue, en un acte et vingt tableaux, montée par un certain… monsieur «Fa Dièse». Les spectateurs, pour trois francs aux premières loges ou cinquante centimes pour les troisièmes galeries, peuvent apprécier «de charmantes fantaisies de Selienick et de Meyerbeer « (avec solo de piston et de bugle sous la direction d ‘Hamant).
L’auteur, monsieur «Fa Dièse», place dans la bouche de Lamartine des «paroles tout à fait dignes du grand poète et surtout du grand patriote républicain». Le journal «L’Union Républicaine» nous apprend «que les artistes, membres de l’Harmonie, s’acquittent à merveille de leurs rôles multiples (cependant quelques uns pourtant ont encore besoin de les apprendre un peu)». Ce qui ne doit pas être le cas de Piat qui représente la statue de Lamartine et de madame X qui figure la statue de la place de la République… Ces messieurs se sont adjoints plusieurs membres du sexe dit faible. Brunet, Diêtre et Perdrix se retrouvent en désopilants agents de police. Devant le succès rencontré une séance supplémentaire a été donnée. A notre connaissance cette expérience n’a pas été renouvelée.

LES 3 ET 4 JUIN 1906
L’HARMONIE EN CONCOURS A PARIS.

La Société se classe en division supérieure et obtient un prix de 2 500 francs qui équilibre le budget et permet de rembourser à chaque participant 20 francs sur le prix du voyage.


1909
L’HARMONIE ET LE CONCOURS AGRICOLE.
Pour le concours agricole de Mâcon, le président Charles Piat offre au nom de l’Harmonie, une médaille d’argent et suggère que la section des canards semble tout indiquée pour en bénéficier..
HARMONIE MUNIClPALE MACON


UN CONCERT EN 1913 D’APRES FERNAND VELON.

A certaines heures fixées d’avance par «Monsieur Lebureau», les pères de famille ont coutume de se réunir en grand nombre sous les platanes du quai Sud avec femmes et enfants. A Mâcon, c’est ce qu’on appelle «aller à la musique». En réalité, celle-ci est le dernier de leurs soucis, ce n’est qu’un prétexte pour ébaucher des projets de mariage, parler du dernier scandale de la rue Rambuteau ou du nouveau corsage gréco-bulgare de madame X.. Pour justifier la présence du kiosque, de hardis musiciens, tentent cependant d’exécuter quelques morceaux au milieu du tumulte de l’assemblée délibérante. Le piston ou la petite flûte réussissent pourtant, par intervalles, à se faire entendre. Dans ce cas on emploie l’arme ultime
des camions chargés de tonneaux sont lancés sur la voie publique adjacente… Enfin, de temps à autre, le plus près possible du kiosque, on installe des manèges, des ménageries ou des baraques de lutteurs afin de réduire au silence les audacieux musiciens qui ont la prétention de troubler les citoyens dans leurs discussions d’amours ou d’intérêts. La musique est là pour le public… On ne vient pas pour la musique, «on va à la musique», ce qui est tout à fait différent…
(D’après un article publié par «L’Eclaireur du Mâconnais» de juin 1913).

EN 1923: ATTRIBUTION DE NOUVELLES CASQUETTES!
Le 24 juin la cité mâconnaise inaugure le Monument aux Morts de la guerre 19141918. Les veuves et enfants des victimes sont convoqués deux heures avant la cérémonie, un emplacement leur est réservé. Inauguration, discours des officiels puis l’Harmonie entraîne le cortège officiel jusqu’à l Hôtel de Ville, un banquet gastronomique de 120 couverts est donné dans le Grand Salon. «Coiffés de nouvelles casquettes les musiciens ont obtenu un succès de
curiosité en jouant pendant le repas dans l’antichambre vitrée»…


LES DOYENS
GABRIEL RENOUD-GRAPPIN
Né à Charbonnières en 1906 monsieur Renoud-Grappin a toujours été mélomane. Dès son plus jeune âge il écoute les orchestres de danse qui se produisent lors des fêtes du village. Monsieur Miot, époux de l’institutrice, lui enseigne le solfège. C’est à la fanfare de Clessé qu’il devient baryton. De 1935 à 1945 il joue à Davayé, Fuissé et Charnay. En 1945, un orage de grêle très violent interrompt un concert de l’Harmonie Municipale de Mâcon. Monsieur Renoud-Grappin fait alors connaissance de Michel Marchisio et entre dans cette formation en qualité de contrebasse mi bémol. De 1958 à 1991 il tient le pupitre de sous-bassophone. A 96 ans Monsieur Renoud-Grappin est toujours fidèle à l’Harmonie. Son fils Gilbert est membre de l’Harmonie de Mâcon depuis 44 ans, il est au pupitre des trombones après avoir occupé ceux de basse et de baryton.

GEORGES SAVEY

Instrumentiste à l’Harmonie depuis 1933 Monsieur Savey, 91 ans, découvre la musique dans sa seizième année en s’inscrivant à une chorale. Parallèlement, il suit des cours de flûte traversière auprès de Godard également membre de l’Harmonie, très exigeant, c’est seulement lorsque monsieur Savey termine son service militaire à 22 ans qu’il l’autorise à entrer à l’Harmonie. Monsieur Georges Savey joue de la flûte traversière et du piccolo. Membre du Comité il devient Président de la société pendant 15 ans et préside de 1976 à 1986 la Fédération Musicale de Saône-et-Loire.

CHEFS DE PERE EN FILS
ALFRED DELBECQ.
La tourmente de 1914-1918 arrête l’élan artistique de notre phalange musicale en division supérieure depuis le concours de Paris en 1906. La paix revenue, malgré de grands vides, les musiciens amateurs retrouvent le chemin de leur salle de répétitions, le président Sanlaville présente le 31 mars 1920 le nouveau directeur aux sociétaires : il s’agit d’Alfred Delbecq.
Enfant du Nord né à Leers le 4 septembre 1879, dans une famille de musiciens et de tisserands «à l’otil» c’est à dire à domicile. Son père et deux de ses oncles sont membres d’une association musicale dont l’un exerce ses talents à l’Harmonie de Roubaix et pratique excellemment la clarinette. Ce sera ce dernier qui contribuera à la formation du jeune homme qui entre également dans le monde du travail à 12 ans en qualité d’ouvrier tisserand.
Dès sa prime enfance il manifeste une véritable vocation pour la musique. Très jeune, ne le voit-on pas défiler dans les rues avec des camarades qu’il munit de mirlitons de son invention. Les nécessités de l’existence ne permettent pas à ses parents de lui faire suivre des cours supérieurs de musique pour se perfectionner. Le roulement des métiers à tisser lui inspire sa première composition intitulée «Le Câble», organe qui en actionne la mécanique. Alfred fait donc rapidement preuve de sa valeur et de dons musicaux à l’Harmonie de sa ville natale et dans plusieurs autres sociétés. A 25 ans il devient sous chef de l’Harmonie de Roubaix et dirige la Fanfare Marie-Henriette de Néchin en Belgique ainsi que l’Harmonie d’Estaimpuis et plusieurs autres sociétés de la frontière belge et au-delà. En 1903, Delbecq fonde à Leers une fanfare dont il est nommé directeur.
Pendant la guerre de 1914-1918, après 28 mois au front, il est envoyé au camp de Mailly et dirige l’orchestre symphonique. A la démobilisation il se retire à Digoin où il reforme l’Harmonie. Il ranime ensuite celle de Paray-le-Monial avant d’accepter de reconstruire celle de Mâcon. La cité l’adopte. Il est reconnu à sa juste valeur et honoré comme tel dans toute la Bourgogne et au-delà.
Deux de ses fils naissent en Saône-et-Loire, avec les quatre nés dans le Nord, ils forment une remarquable descendance de musiciens. Laurent dont nous reparlerons, compositeur comme son père, lui succède en 1954 et l’on retrouve, au sein de la société mâconnaise, Gérard au saxo, André au hautbois et Robert à la clarinette.
Cependant, en 1926, l’Harmonie de Leers lui offre la direction de la société et lui demande ses conditions. Alfred reste fidèle à la Bourgogne et en 1927 conduit l’Harmonie au concours de Montrouge où elle se classe en division «Excellence», lui-même reçoit le premier prix de direction. D’octobre 1927 à 1931 il quitte temporairement Mâcon pour Tournus.
Il dirige également les groupes de Charnay-les-Mâcon, de Crèches-sur-Saône, de Replonges, de Pont-de-Vaux, de Pont-de-Veyle, de Saint-Laurent-sur-Saône, Juliénas et de Cluny qui connaissent ainsi un essor remarquable. Professeur à l’Ecole de Musique, ses élèves ne se comptent plus et nombreux sont ceux qui lui doivent leurs succès musicaux. A l’ouverture de l’Ecole de Musique, en 1936, Alfred Delbecq donne des cours de clarinette, saxophone, fûte et hautbois. La même année il est élu membre associé de l Académie de Mâcon.
Outre la grande activité qu’il consacre avec générosité et dévouement à l’enseignement
et aux nombreuses sociétés qu’il conduit, il parvient encore à produire des oeuvres dont certaines ont obtenu un grand succès, telle sa composition «Dans l’Alaska» classée troisième au concours de la Fédération du Sud-Est. Il obtient, avec «La Marche Bourguignonne», le premier prix au concours de composition organisé à Mâcon en 1933 lors de la Première Fête des Vins de France. Le prix de la ville de Saint-Jean-de-Luz, doté par André Dassary, lui est attribué. Son pas redoublé «Prague» est édité sept fois ; il figure au programme de nombreux orchestres en France, en Hollande, en Belgique et en Suisse. Alfred entre à la Société des Auteurs et Compositeurs en 1921 et devient sociétaire définitif en 1928. Le nombre de marches, ouvertures, musique populaire, transcriptions d’opéras et d’oeuvres célèbres (Liszt, Chopin etc.) dont il est l’auteur, peut être évalué à plus de 600. Ses oeuvres sont signées soit Delbecq ou plus rarement sous le nom de Stellian. Citons entre autres les transcriptions de la «51 ème Symphonie» dHaydn, pour harmonie et fanfare, «Lakmé», «La Tosca» ainsi que celle de l’air célèbre de «Figaro» du Barbier de Séville. Il a mis en musique les oeuvres de nombreux poètes bourguignons : Louis Compagnon de Chalon-sur-Saône, auteur des paroles de «La Marche Bourguignonne» ; Antoine Méchin, instituteur et fondateur-directeur du Réveil Social des Travailleurs de Sanvignes ; François Oudot né à Beaurepaire-en-Bresse mais mâconnais de cœur dont les premières oeuvres furent éditées dans sa vingtième année (il entra en 1921 à la Société des Auteurs) ; Emile Magnien ; Maurice Maringue (Ces trois derniers membres de l’Académie de Mâcon) ; également un poésie de Lamartine.
Toutes ces oeuvres bourguignonnes sont fréquemment interprétées par «Les Ménestrels Bourguignons» de Dijon dont Alfred est le compositeur attitré. Il est également l’auteur de «La Marche des Chanteurs des Rues» groupe mâconnais auquel le compositeur a dédié plusieurs morceaux.

L’harmonie ds les années 1950.


«Sa musique est colorée, gracieuse, toute imprégnée et parée de sincérité, de beauté et d’éclat… La plupart de ses oeuvres s’imposent par des qualités d’écriture, de structure et de clarté, depuis les thèmes les plus simples ; de marche, de chanson ou de danse, depuis l’élégance de rythme des éléments mélodiques, jusqu’à la continuité des lignes, des mouvements et du développement de la couleur instrumentale.» (extrait de la revue «Le Miroir Dijonnais et Bourgogne» 1 er juillet 1934).
En 1921 il reçoit les insignes d’officier d’Académie, en 1928 ceux d’officier de l’Instruction Publique et en 1948 la croix de chevalier de la Légion d’honneur lui est décernée.
Pour conclure reportons-nous, à nouveau, au «Miroir Dijonnais et Bourgogne» de juillet 1934 : «Le nom d’Alfred Delbecq est un de ceux qui honore la Bourgogne, il fallait que
notre revue cite, comme un exemple admirable de dévouement à la cause de la musique populaire, le labeur intensif fourni par ce compositeur d’une maîtrise reconnue ; par ce directeur
à la baguette souple et précise, élégante et experte ; par ce professeur qui comprend si bien
que la vie musicale doit devenir partout un foyer intellectuel d’une importance bienfaisante…
C’est au milieu de ces existences de travail et de devoir qu’Alfred Delbecq vient projeter les
chauds rayons de la flamme de la musique dans des cœurs et des esprits charmés».
Alfred Delbecq devait s’éteindre à Mâcon le 1 er décembre 1959. En 1969, en marge du 165ème anniversaire de l’Harmonie Municipale de Leers un hommage lui était rendu dans sa ville natale et en 1979, pour le centenaire de sa Naissance, l’Harmonie Municipale de Mâcon sous la direction de Jean-Claude Amiot et l’Orchestre d’Harmonie Départemental de Saône-et-Loire, sous la baguette de Jean-Paul Fouchécourt, lui dédiaient un concert.


LAURENT DELBECQ
,Ces cinquante dernières années, Maurice Maringue, journaliste mâconnais, a interviewé de nombreuses personnalités, parmi elles Laurent Delbecq. Comment ne pas reprendre ses propos lorsqu’il écrit en 1969, peu avant que Laurent ne quitte ses fonctions de directeur
«Si l’on peut demander à certains pourquoi ils deviennent musiciens on serait plutôt tenté de poser une autre question à Laurent Delbecq : comment aurait-il pu ne pas être musicien ? Tout le monde le fut dans la famille, le père et ses six enfants. La famille aurait pu, à elle seule, constituer un orchestre, du hautbois au violoncelle, de la clarinette au cor d’harmonie».
Né à Leers le 26 octobre 1905, Laurent chante les notes à quatre ans, son père installé au piano. Dès sept ans, accompagné par son oncle organiste, il joue à l’église de la clarinette à treize clés (un instrument qui n’a plus cours de nos jours). Pendant la première guerre mondiale Leers est occupé par les Allemands, le jeune Delbecq ne craint pas, sur le trottoir, à leur barbe, de jouer «La Marseillaise».
En 1921, il travaille à Charnay-les-Mâcon chez Gauthier-Cycles où il est devenu un spécialiste du montage des rayons de bicyclettes et rejoint les rangs de l’Harmonie Municipale de Mâcon ; il en sera beaucoup plus tard le plus ancien membre, en 1922 Laurent entre au comité en qualité de représentant des «jeunes».
A ses talents d’instrumentiste et de chef il joint ceux de compositeur. Admis à 22 ans à la Société des Auteurs et Compositeurs, dont il fut un des plus jeunes sociétaires, il déposera plus de 1000 oeuvres à son nom ou sous le pseudonyme de «John Darling» dont il signe ses morceaux de jazz. Donnons lui la parole : «J’ai voulu écrire sous ce nom des oeuvres originales inspirées par le style américain, mais adaptées aux possibilités et aux moyens des fanfares». Le pseudonyme «John Darling» étant très répandu dans les catalogues amena un chef d’orchestre américain à demander un jour aux Editions Robert Martin la biographie de ce compositeur d’outre-Atlantique dont il a infructueusement recherché le nom dans les annuaires new-yorkais.
Les oeuvres de Laurent Delbecq sont toujours interprétées notamment en France, en Belgique et’ en Suisse. Une de ses compositions ayant obtenu le plus de succès est sans contestation possible «Empire Stade Building» évoquant, indique l’auteur : «l’atmosphère d’un gratte-ciel, véritable ville en hauteur» mais aussi les arrangements de l’indicatif de «La Piste aux étoiles» de chansons de Sylvie Vartan et de Rika Zaraï, sans compter de grandes oeuvres classiques.
L’utilisation en fondu-enchaîné d’instruments utilisés jusqu’alors presque uniquement pour des sonneries a permis aux batteries fanfares, grâce à lui et à d’autres compositeurs, de découvrir les innombrables possibilités de renouvellement et de progrès qui leur sont offertes pour le plus grand plaisir de leur public et ce grâce à des compositeurs comme Robert Goute, John Darling, Luypaerts, Ted Huggens, et Paul Yoder
En 1927 Laurent forme un orchestre de danse et lance le Charleston à Mâcon. C’est lui qui fait connaître le jazz à ses concitoyens. Très rapidement la formation qu’il dirige, en smoking blanc, anime les soirées les plus élégantes de la région, il réunit quelques-uns des meilleurs musiciens: Combépine, Mornand, Gérard Delbecq, Augagneur, les frères Malatier.. et le chanteur Dutot.
Les animateurs des «Amis du Théâtre» faisaient appel à son orchestre, Delbecq était l’auteur des arrangements de nombreux couplets des revues présentées chaque année jusque dans les années 1950.
Appelé sous les drapeaux en mai 1928, il assure les fonctions de sous-chef de musique au 134ème régiment d’infanterie à Mâcon.
De retour à la vie civile, Laurent reprend sa place à l’Harmonie dont il est nommé sous-directeur en 1936 tout en dirigeant de nombreuses sociétés musicales : Pont-de-Vaux,

Crèches, Juliénas, Replonges et même l’harmonie de Bourg. En 1954, il prend la direction de celle de Mâcon, et demeure à sa tête jusqu’en 1970.
Après la Guerre de 1939-1945 Laurent Delbecq rencontre Robert Martin fondateur d’une des plus importantes maisons d’éditions musicales de France. Le compositeur en devint, après 1950, le directeur artistique. Le catalogue général 2000 des Editions Robert Martin comprend 99 oeuvres originales et 89 arrangements signés L. Delbecq ainsi que 47 oeuvres originales et 4 arrangements sous la signature de John Darling.
Lorsqu’il quitte, en 1970, la direction de l’Harmonie Municipale de Mâcon il reprend sa place de clarinettiste. C’est seulement à l’âge de 85 ans qu’il cesse toute activité musicale.
Laurent Delbecq était titulaire de la médaille d’honneur des chorales et harmonies, de la médaille d’honneur de la Confédération Musicale de France, officier des Palmes académiques et chevalier dans l’ordre national du Mérite. Il décédera à Mâcon le 25 juin 1992. Sa fille Jeanine est pianiste.

Les membres de la sociéte maconnaise: Laurent,Gerard,Alfred,Robert,André.


LES CINQ FRERES DE LAURENT
GÉRARD DELBECQ
Enfant du Nord né à Leers en 1907 Gérard sera saxophoniste à l’Harmonie de Mâcon de 1923 à sa mort en 1971. En 1945 il met sur pied un quatuor de saxophones qui se produit jusqu’à la fin des années 1960. Cet ensemble participe à plusieurs reprises avec succès à des concours. Parallèlement, dès son arrivée à Mâcon il apprend le violoncelle. Il sera également membre de l’orchestre symphonique de Mâcon et de l’orchestre de danse dirigé par son frère Laurent. Sa fille Gisèle s’adonne au piano.
LOUIS DELBECQ
Né à Leers en 1909 il fréquente le conservatoire de Lille où il obtient un premier prix de cor tout en suivant des cours de violon donnés par son oncle. Sa profession l’éloigne rapidement de Mâcon, il est donc très peu de temps corniste à l’Harmonie Municipale.
HENRI DELBECQ
Né en 1914 il sera le dernier «gars de Ch Nord» de la famille ; il apprend donc la musique au sein de celle-ci et seul il s’initie au cor mais le joue à droite ce qui nécessite un instrument spécial… Sa vie professionnelle l’éloigne de Mâcon et il sera le seul fils d’Alfred à ne pas être membre de l’Harmonie de Mâcon. Tout comme ses cousines citées précédemment, sa fille Jocelyne est pianiste.
ANDRÉ DELBECQ
Mâconnais de naissance, il voit le jour en 1927 et bien entendu apprend le solfège avec son père puis à l’école de musique municipale obtenant toujours le premier prix. Il manque un hautbois à l Harmonie, son père lui suggère donc d’apprendre à jouer de cet instrument ce qu’il entreprend avec l’aide de celui-ci. Dès l’âge de 14 ans il se retrouve au pupitre de hautbois de l’Harmonie. Durant cinq mois, lors de son service militaire il se perfectionne au conservatoire de Dijon obtenant un premier prix.
André participe activement à la vie de l’Harmonie depuis 61 ans, membre du Comité pendant de longues années, il assume les fonctions de vice-président de 1976 à 1980, celle de président adjoint de 1980 à 1981 date à laquelle il est nommé sous-directeur et le reste jusqu’en 1990. A plusieurs reprises André présente des concerts en communiquant de nombreuses informations fort documentées, ce qui n’est pas surprenant de la part d’un bon instituteur … Depuis 1992 il dirige l’Harmonie de Prissé, il est membre associé et assidu de l’Académie de Mâcon.
Ses cinq enfants jouent d’un instrument. En outre Hélène a présenté une thèse universitaire de musicologie sous la direction de Daniel Paquette. Elle a dirigé plusieurs années différentes chorales d’adultes et d’enfants. Marie-Pierre pratique le chant choral de haut niveau à Montpellier. Trois de ses petits-enfants sont musiciens : Emanuel Vincent a fait de fortes études de piano. Antoine Delbecq est trompettiste tout en poursuivant une formation de régisseur artistique à l’Opéra de Strasbourg. Sa sœur Marianne, comme son père et son grand-père, joue du hautbois.

ROBERT DELBECQ

Le «petit dernier «, né à Mâcon en 1932, suit l’exemple de son père en jouant de la clarinette. Pendant quelques années il jouera de la petite clarinette mi bémol solo à l’Harmonie Municipale de Mâcon.


ÉPILOGUE
Notre Harmonie Municipale est donc la digne descendante de cette «Musique»qui assurait déjà les «services» sous l’Ancien Régime et deviendra «Municipale» en 1793. Depuis 1997 elle est classée en catégorie «Division Supérieure, 1 re section». Près du tiers des 70 sociétaires a moins de 30 ans. Sous la baguette de Didier Sarrien elle doit participer à un concours national et nul doute qu’elle subira cette épreuve avec succès. Cette vénérable société garde donc toute sa jeunesse et nous souhaitons qu’elle participe encore longtemps à la vie musicale de notre Cité.
Depuis plus de 80 ans la famille Delbecq est présente au sein de l’Harmonie dont 47 années sous la direction d’Alfred et Laurent. André entame sa 62ème année de présence, c’est probablement un record. Ses petits-enfants sont éloignés de Mâcon, cependant Antoine et Marianne perpétuerons, nous l’espérons, le nom de Delbecq dans le monde de la musique.
Remerciements à Mesdames Nathalie Baum, Jeanine Berthelon, Marize Delbecq et Christine Delbecq, Marguerite Lacroix, Françoise Rhéty et Messieurs André Delbecq, Jean-Claude
Ducroux, Raymond Lacharme, Maurice Maringue, Gabriel Renoud-Grappin, Georges Savey, pour leur aide ô combien précieuse !

Mâcon. le 5 août 2002